Mal-être au travail : psychologues, et si c’était aussi vous ?
En 2 mots
Le mal-être au travail des psychologues vient de l'isolement, la pression du résultat et la charge administrative. Les solutions incluent l'automatisation des tâches répétitives pour réduire la charge mentale, la mise en place de frontières numériques claires et le recours aux réseaux de pairs pour briser la solitude.
Résumé
**Un salarié sur quatre souffre de mal-être au travail.** Cette statistique, vous la connaissez, elle peuple votre cabinet. Mais vous êtes-vous déjà demandé où vous vous situiez ? En tant que psychologue, vous êtes exposé à des stresseurs uniques : isolement, pression du résultat, charge administrative écrasante. Selon assistantpsy.fr, ignorer sa propre santé mentale n'est pas une option, c'est un risque professionnel. Cet article lève le voile sur le paradoxe du soignant et vous livre 3 stratégies concrètes pour préserver votre bien-être et assurer la pérennité de votre pratique.
Mal-être au travail : et si les 25 % de salariés en détresse, c’était aussi vous, les psychologues ?
25 à 30 % des salariés français souffrent de mal-être psychologique lié au travail selon une étude récente (ST72, 2025). Le chiffre a de quoi donner le vertige… et un léger vertige utile : Où vous situez-vous dans cette statistique ? Psychologue, thérapeute libéral·e, celles et ceux qui écoutent et soutiennent les autres, s’oublient souvent. Et si on en parlait franchement ?
Les stresseurs invisibles du psy libéral
Quand on pense à la santé mentale au travail, on imagine le bureau open space, la pression du N+1 ou la réunion de trop. Mais la réalité, c’est que les psys libéraux sont exposés à des facteurs de stress sournois :
- Pression de la "guérison". Les patients espèrent un mieux, vite, parfois trop vite. La pression du résultat s’immisce, surtout face au flou des problématiques complexes.
- Isolement professionnel. Le cabinet peut devenir une tour d’ivoire : vous y entrez courageux, parfois vous en ressortez vidé.
- Charge administrative. Comptabilité, plateformes de RDV, relances, gestion d’emploi du temps… autant de tâches extérieures à votre cœur de métier qui s’accumulent jusqu’à saturer la tête et le temps (on en parle dans cet article sur la pression de la fonctionnarisation des psys).
- Précarité financière. Inconstance du nombre de patients “vivant”, créances à recouvrer, stress lié à la fluctuation du revenu. On navigue dans le brouillard !
- Le paradoxe du pilier. Comment être le repère de l’autre quand on est soi-même fragilisé ? Ce paradoxe est rarement abordé, mais essentiel à reconnaître.
Et puis, il y a la pression sourde de devoir tout gérer, tout maîtriser, la crainte de l’erreur ou du faux-pas déontologique sous le regard (virtuel ou réel) des pairs et des institutions.
Le paradoxe du soignant
La scène est connue : le psy comprend parfaitement les mécaniques du burn-out et de l’épuisement… mais s’y retrouve pourtant piégé. Selon l’étude Appel Médical 2025, 41 % des soignants en France présentent des symptômes anxio-dépressifs.
Pourtant, les dispositifs d’aide existent ! Le programme Mon Soutien Psy promet 8 à 12 séances remboursées avec un psychologue agréé, et les lignes d’écoute dédiées sont légion. Mais qui, parmi vous, utilise ces filets de secours ?
La difficulté est là : il est malaisé (pour ne pas dire tabou) de devenir soi-même "le patient" alors qu’on est censé représenter le soignant. Peut-être par habitude de maîtriser, par orgueil, ou crainte du regard des confrères. Et pourtant, vous ne pouvez pas indéfiniment donner… sans vous recharger !
(Pour aller plus loin sur l’accompagnement des entreprises, j’avais abordé ce sujet côté B2B dans cet article dédié. Aujourd’hui, place au regard introspectif 🪞.)
Reprendre le contrôle : 3 stratégies de protection (spéciale AssistantPsy)
Ce n’est pas ici un plaidoyer victimaire, mais une invitation à la lucidité ET à l’action.
#### 1. L’automatisation comme bouclier anti-charge mentale
Pourquoi dépenser votre énergie cérébrale sur la prise de rendez-vous ou la gestion de relances quand des outils numériques peuvent le faire ? L’automatisation de ces tâches répétitives via des agendas connectés, des chatbots IA pour la pré-qualification ou le filtrage des demandes, ou un assistant virtuel administratif, n’est pas un gadget. C’est souvent un geste de self-care (oui, même pour vous). Résultat : du temps, moins de charge mentale. (Découvrez ce qu’on peut faire sur assistantpsy.fr pour ces aspects.)
#### 2. Créer des frontières numériques saines
Les sollicitations professionnelles ne s’arrêtent plus à la porte du cabinet. Un patient, un mail, un message Messenger, une urgence supposée… Et si vous inversiez la tendance ? Quelques outils simples :
- Réponses automatiques claires (« je vous reçois du lundi au jeudi, 9h-19h »).
- Chatbot sur votre site ou Doctolib pour filtrer et temporiser les messages non urgents.
- Utilisation intelligente de vos notifications : les urgences sont traitées, le reste attend (votre santé mentale aussi, elle doit attendre personne).
#### 3. Cultiver le réseau de pairs à l’ère digitale
Chasser l’isolement commence par tisser son réseau. La supervision professionnelle et les groupes de pairs ont fait leurs preuves pour accompagner les moments difficiles : charge émotionnelle, cas complexes, doutes légitimes sur ses propres capacités. Aujourd’hui, on n’a plus d’excuse. Les plateformes sécurisées de discussion ou les groupes privés offrent des espaces sûrs, bienveillants, où l’on peut redevenir… humain !
Conclusion : du psy-sauveur au psy-durable
Parler du mal-être au travail chez les psychologues, ce n’est pas renier la vocation, c’est cultiver la lucidité et le courage de durer. La santé mentale du praticien n’est jamais un luxe, mais bien la condition sine qua non pour continuer à accompagner, avec justesse et humanité. Cela relève de la déontologie, du respect que vous vous devez, et que vous devez à vos patients. Osez passer du psy-sauveur… au psy-durable.
| Section | Messages clés |
|---|---|
| Introduction | 25-30% des travailleurs souffrent de mal-être ; les psys aussi sont concernés |
| Stresseurs du psy libéral | Pression, isolement, administratif, précarité, sentiment de devoir être infaillible |
| Paradoxe du soignant | Les psys connaissent le burn-out, utilisent peu les dispositifs d’aide |
| Stratégies concrètes | Automatisation, frontières numériques, réseau de pairs digitalisés |
| Conclusion | Prendre soin de sa santé mentale est un devoir et une condition pour durer |